Tissons dans la toile

Compagnie ​Les Sans-Lacets: ​Alexandre, Cédric, Eléonore, Marco et Salla PRESENTATION: “ Allo ? Allo ? Tu m’entends ? Oui, c’était juste pour te dire que je vais bien ! Je suis seule, mais je m’occupe en regardant par la fenêtre,…

Tissons dans la toile

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Compagnie ​Les Sans-Lacets: ​Alexandre, Cédric, Eléonore, Marco et Salla

PRESENTATION:
“ Allo ? Allo ?
Tu m’entends ?
Oui, c’était juste pour te dire que je vais bien !
Je suis seule, mais je m’occupe en regardant par la fenêtre, en écoutant de la musique, en ressortant des vieux souvenirs poussiéreux.


Et toi ? Quand viendras-tu me rendre visite ? Bientôt ?


Je t’attends.


Je t’attends.
…“
Solitude solitude solitude,
c’est devenu une habitude,
chacun chez soi, à la maison,
qu’advient-il de nos relations ?
Loin de l’autre et sans contact,
Internet est devenu notre prime artefact.
A travers Whatsapp, Facebook et messagerie, Nous nous envoyons des signaux de vie
Pour essayer de maintenir un lien,
Pour essayer de rythmer notre quotidien.
On se rassure mutuellement,
On échange nos questionnements.
Que se passera-t-il demain ?
Aujourd’hui, l’avenir est incertain.
Une fois la crise sanitaire passée,
Comment se (dé)connecter ?
Toutes nos relations se trouvent affectées
On ne sait plus comment se comporter
Que faire dans la situation actuelle?
Nous vous proposons une réponse éventuelle. Inspirez-vous, n’ayez crainte
De vous parer de cette teinte,
Qui, une fois aspirée,
Vous fera retrouver votre liberté.

DISPOSITIF:
Cette vidéo a été réalisée par ajouts successifs d’extraits visuels. Inspirés par les improvisations précédentes, chacun apporte sa pierre à l’édifice. Aucun ordre de passage n’est défini à l’avance, et la troupe communique le moins possible par messages textuels durant le processus de création pour laisser les vidéos comme seules sources d’inspiration. Chaque improvisation est unique, elle n’est ni répétée, ni refaite, créant ainsi une spontanéité dans l’acte. Une fois les extraits visuels rassemblés, les performeurs réalisent chacun une improvisation sonore. A la différence des prises de vue, les performances sonores s’étalent sur toute la durée de la vidéo puis sont superposées. Également créées itérativement, chaque improvisateur s’inspire de la trame sonore déjà existante, ainsi que du montage des extraits filmés. L’ambiance sonore ainsi créée vient compléter les extraits visuels pour former la vidéo finale. Les performeurs ont à disposition tout le matériel qui se trouve chez eux : corde, draps, couettes, habits, … et filment leur actions avec leur téléphone portable pour ensuite les partager sur un groupe Whatsapp.
Avant de commencer, nous avons décidé de fixer un thème commun qui nous permette d’improviser autour d’une même idée : le noeud. Son interprétation est libre, de la plus factuelle à la plus métaphorique. Il sert d’impulsion et de cadre à la création.

REFLEXION:
La création de vidéo hebdomadaire offre un ancrage à notre quotidien chamboulé et quelque peu incertain. Elle permet de nous retrouver, de nous unir et d’être ensemble. Les extraits d’improvisation reçus quotidiennement sont à la fois inspirants et stimulants. De plus, le rythme relativement soutenue des productions permet de créer un cadre proche de l’improvisation sur scène: il est nécessaire de réagir avant que l’action ne se meurt ou qu’une autre vienne la supplanter. Ceci pousse les performeurs dans un état de dynamisme et d’évolution constante, caractéristique propre à l’improvisation.
L’artefact-mot est à la fois l’extension, le contre-pied et la conséquence de l’artefact primaire indispensable pour notre travail: la captation vidéo et la communication asynchrone à distance. Il est ce qui nous unit, ce qui tisse un lien entre nous et chacunes de nos vidéos. En somme, il est un catalyseur vers le retour à la collectivité face à la contrainte de la séparation. Ce thème, à la fois concret et conceptuel, permet aux improvisateurs d’explorer tout aussi bien un univers matériel qu’abstrait.
Le choix du noeud, technique d’attache simple qui a déjà servi à plus d’un ingénieur, est dès lors très naturel. Il permet de créer un lien entre deux objets, mais il permet aussi de décorer. C’est la diversité de ses aspects à la fois esthétiques, techniques et pratiques qui nous a poussé à choisir cet artefact.
La frustration de rester chez soi est un dialogue avec notre procédé dynamique. Le corps sort ses pulsions enfouies, l’esprit matérialise dans ces lieux ordinaires les frénésies de son imagination. L’inconnu et le merveilleux jaillissent des recoins les plus insignifiants de notre quotidien, et brisent notre solitude dans une effusion collective.

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